TCC ou Raconte-moi mon histoire : comment choisir ?

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Quand on cherche un accompagnement pour une difficulté émotionnelle, on peut vite se perdre parmi les différentes approches proposées. Thérapies cognitives et comportementales (TCC), méthode Raconte-moi mon histoire… Comment savoir laquelle est la plus adaptée ?

Dans ma pratique, je ne pars pas d’une méthode pour essayer ensuite de l’appliquer à la personne que je reçois. Je pars de la personne, de ce qu’elle vit, de son histoire et de ce qui l’amène à consulter. C’est ensuite que nous déterminons quels outils peuvent avoir du sens.

Les TCC et Raconte-moi mon histoire sont deux approches différentes. Elles peuvent être utilisées séparément, mais aussi, dans certaines situations, se compléter.

Les TCC : comprendre ce qui se joue aujourd’hui

Les thérapies cognitives et comportementales s’intéressent notamment aux liens qui existent entre nos pensées, nos émotions et nos comportements.

Face à une situation, nous avons des pensées, parfois si rapides que nous n’en avons même pas conscience. Elles influencent ce que nous ressentons et la façon dont nous réagissons. Et certaines de nos réactions peuvent, malgré nous, contribuer à maintenir la difficulté.

Prenons l’exemple de l’anxiété. Éviter une situation qui nous fait peur procure généralement un soulagement immédiat. Mais à plus long terme, cet évitement peut contribuer à maintenir la peur : nous n’avons jamais l’occasion de constater que nous sommes capables d’affronter la situation ou que ce que nous redoutions ne se produit pas nécessairement.

Le travail en TCC permet notamment d’identifier ces mécanismes, de questionner certaines pensées et d’expérimenter progressivement d’autres façons de réagir.

Les outils utilisés dépendent bien sûr de la difficulté rencontrée : anxiété, phobies, ruminations, manque de confiance en soi, difficultés dans la régulation des émotions…

Raconte-moi mon histoire : remettre une difficulté dans son histoire

La méthode Raconte-moi mon histoire, créée par Audrey Mée, propose une autre porte d’entrée.

À l’aide de peluches et d’objets symboliques, certains événements et éléments de l’histoire de la personne ou de sa famille peuvent être représentés concrètement. Cette mise en scène offre un support pour mettre des mots sur une histoire et sur les émotions qui lui sont associées.

Chez l’enfant, la présence de sa mère est nécessaire lors d’une séance Raconte-moi mon histoire et celle du père est vivement recommandée. Les parents peuvent apporter des éléments de l’histoire familiale que l’enfant ne connaît pas ou qu’il ne peut évidemment pas raconter lui-même.

Mais Raconte-moi mon histoire n’est pas réservée aux enfants. La méthode peut également être utilisée avec des adolescents et des adultes.

Alors, comment savoir quelle approche choisir ?

Vous n’avez justement pas besoin d’arriver au premier rendez-vous en sachant quelle méthode vous convient.

Avant l’accompagnement, nous échangeons sur ce qui vous amène à consulter, les difficultés rencontrées, leur contexte et vos attentes. Pour un enfant, cet échange se fait également avec les parents.

Certaines situations se prêtent davantage à un travail centré sur les mécanismes actuels : comprendre une peur, identifier une pensée automatique, travailler sur l’évitement ou modifier progressivement certains comportements. Les outils des TCC peuvent alors être particulièrement pertinents.

Dans d’autres situations, il peut être intéressant de remettre ce qui est vécu dans une histoire plus large et de travailler à partir de celle-ci. Raconte-moi mon histoire peut alors offrir un autre support.

Et parfois, les deux approches peuvent s’articuler.

Deux approches, mais un même point de départ

Choisir entre TCC et Raconte-moi mon histoire ne consiste donc pas à décider qu’une méthode serait « meilleure » que l’autre.

Elles ne travaillent pas de la même manière et n’ont pas vocation à répondre exactement aux mêmes besoins.

C’est aussi pour cette raison que je ne décide pas d’un accompagnement uniquement à partir d’un symptôme. Deux personnes qui consultent pour de l’anxiété peuvent avoir une histoire, des mécanismes et des besoins très différents.

Le point de départ reste la personne : ce qu’elle vit aujourd’hui, son histoire et ce dont elle a besoin pour avancer.

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