Hyperactivité, troubles du sommeil, pipi au lit tardif, colères… Les enfants sont traversés par de nombreuses émotions, qui peuvent parfois avoir des répercussions sur leur quotidien.
En tant que parent, il est normal de chercher des solutions, de s’informer, de douter aussi.
Dans mon travail auprès des enfants et des familles, je rencontre souvent les mêmes questions, les mêmes hésitations… et aussi beaucoup de culpabilité. Pourtant, s’intéresser aux émotions de son enfant ne signifie pas qu’il y a un problème.
Bien au contraire : c’est souvent une démarche de compréhension, de prévention et de renforcement du lien parent-enfant.
Parce que l’émotion est un langage. Et comme tout langage, il s’apprend, se décrypte et se transmet.
Mais passer le cap de faire une séance Raconte-moi mon histoire est parfois difficile.
À travers cet article, j’ai donc choisi de revenir sur plusieurs idées reçues que j’entends encore souvent autour de la consultation en émotions. Voici quelques idées reçues fréquentes… et ce qu’il en est réellement.
Idée reçue n°1 : “Consulter, c’est qu’il y a un problème grave”
➡ Non, pas forcément. Je reçois en séance des enfants qui présentent des caractéristiques comme un trouble du sommeil, une gêne pour aller faire ses besoins aux toilettes ou encore un enfant un peu hyperactif. Mais d’autres parents emmènent leurs enfants tout simplement parce qu’ils ont vécu eux des émotions fortes et qu’ils ne veulent pas que leurs petits en souffrent maintenant ou plus tard.
➡ Lorsque le problème est plus grave, je m’entoure d’ailleurs d’une équipe de spécialistes pour réorienter les cas que je ne peux pas soulager.
➡ En venant consulter, on soulage l’enfant d’un trop plein émotionnel qui ne lui appartient pas forcément.
Idée reçue n°2 : “Je devrais réussir seule comme parent”
➡ Être parent fait partie des jobs les plus difficiles au monde. Aucune culpabilité à avoir. Une voix extérieure a souvent plus d’impacts que celle de la personne référente et sécure pour l’enfant.
➡ Une séance est un travail à mener main dans la main, moi, l’enfant et les parents.
Idée reçue n°3 : “Si ce n’est pas médical, ce n’est pas utile”
➡ Il est normal de vouloir des repères médicaux clairs quand il s’agit de son enfant.
Le médical est essentiel lorsqu’il y a une pathologie, et il doit toujours rester prioritaire dans ces situations.
➡ La consultation en émotions n’a pas vocation à poser un diagnostic ni à remplacer un suivi médical ou psychologique. Elle intervient sur un autre plan : celui du vécu émotionnel de l’enfant et de son environnement. Dans certaines situations, les deux approches peuvent être complémentaires.
➡ L’objectif n’est pas d’opposer les approches, mais d’aider l’enfant dans sa globalité.
Idée reçue n°4 : “Ça va passer avec le temps”
➡ Parfois, oui. Les enfants grandissent, évoluent, traversent des phases.
Mais certaines manifestations émotionnelles peuvent s’installer : troubles du sommeil persistants, anxiété forte, colères très intenses, difficultés relationnelles…
➡ Consulter ne signifie pas dramatiser. C’est parfois simplement permettre à l’enfant de déposer quelque chose avant que cela ne s’ancre.
➡ L’émotion non exprimée ne disparaît pas toujours avec le temps. Elle peut simplement changer de forme.
➡ L’objectif d’une consultation est d’aider l’enfant à retrouver plus de sécurité intérieure, plus rapidement et plus sereinement.
Idée reçue n°5 : “On va devoir tout raconter de notre histoire familiale”
➡ Beaucoup de parents craignent de devoir tout dévoiler : leur histoire, leurs difficultés, leurs émotions passées. Or une séance ne ressemble pas à un interrogatoire ni à une analyse de toute la vie familiale.
➡ L’objectif n’est pas de fouiller, mais d’accueillir uniquement les éléments utiles à l’enfant, à son rythme et au vôtre. Vous restez libres de ce que vous souhaitez partager.
➡ L’accompagnement se fait dans un cadre sécurisant et respectueux. Il ne s’agit pas de juger, mais de comprendre ce qui peut aujourd’hui aider l’enfant à se sentir plus apaisé.
➡ L’idée n’est pas de revenir sur tout le passé, mais d’éclairer ce qui peut avoir un impact sur le présent de l’enfant.
Idée reçue n°6 : “C’est seulement pour les enfants en bas âge”
➡ La méthode Raconte-moi mon histoire s’adresse à tous les âges. Du nourrisson à l’adolescent ou au jeune adulte, je peux aider tout le monde. La seule contrainte : je dois recevoir la personne avec sa maman (et son papa si possible). Mais je peux en réalité même recevoir des adultes du moment où ils viennent avec leurs parents.
➡ La consultation en émotions est un outil pour aider toute la famille, même lorsque le bébé est encore dans le ventre de sa maman.
Idée reçue n°7 : “On va analyser mon enfant”
➡ L’objectif d’une séance n’est pas d’analyser, mais de raconter l’histoire de l’enfant à partir des émotions vécues et ressenties par les parents et par l’enfant lui-même. Je ne juge pas, je ne qualifie pas une émotion, je raconte avec des peluches.
➡ Le parent a un rôle central dans mes séances puisqu’il est au cœur de la vie de l’enfant et qu’il sait, qu’il connaît des éléments de l’histoire de l’enfant mieux que personne.
Idée reçue n°8 : “C’est comme aller chez le psy”
➡ Je ne suis pas psy. Je ne suis pas là pour détailler, aller trouver la cause des maux de l’enfant. Je suis là pour dégager les émotions qui ne lui appartiennent pas, qui le bloquent dans sa vie actuelle.
➡ Mon accompagnement concerne les troubles liés aux émotions. Lorsque je repère des éléments qui relèvent du médical ou du psychologique, je réoriente toujours vers les professionnels adaptés. J’aide également les parents qui attendent des rendez-vous chez des psys pour déjà accompagner l’enfant dans la gestion de ses émotions.
Idée reçue n°9 : “Mon enfant est trop agité pour une séance”
➡ Je travaille avec les enfants et j’en ai moi-même. J’ai bien conscience qu’un enfant ne reste pas sagement assis pendant une heure. Je m’adapte et je pose des règles. J’interagis avec lui, je passe par du langage non verbal.
➡ Le fait d’utiliser des peluches rend également la séance plus ludique. De quoi bien capter l’enfant.
Idée reçue n°10 : “Ça ne sert à rien s’il ne parle pas”
➡ Le fait que l’enfant ne parle pas n’a pas d’impact. Un regard, un pleur, une crise de colère parle tout autant voire mieux que n’importe quel mot. A partir de l’interaction que nous avons autour des peluches, je peux lui raconter des éléments pertinents qu’il entend et intègre.


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